Une lueur rouge qui brille dans l'obscurité. C'est la première chose que je vois le matin et la dernière chose que je vois le soir.C'est étrange. Il y a une sorte de long tunnel sombre où, parfois, je distingue des hommes et des femmes qui courent en tout sens, des enseignes qui clignotent, des voitures... Je crois que c'est notre monde.
Et puis au fond du tunnel, il y a cette lueur rouge. J'ai l'impression, assez étrange je l'avoue, que cette lumière vit. Quand je la regarde, ce n'est pas une lueur fixe, non. Elle posssède une sorte de battement, comme les battements d'un coeur. Parfois ausssi, une silhouette traverse les paroies du tunnel et rentre dans la lueur. Mais ellles sont de plus en plus rares à traverser le tunnel et encore moins nombreuses à entrer dans la lueur. On dirait que les paroies du tunnel se font de plus en plus opaques, sombres, difficiles à traverser.
Je n'avais encore jamais rencontré quelqu'un qui voyait ce tunnel et cette lueur. Jamais avant de le rencontrer. Je me souviens; c'était un soir comme un autre. Je rentrais chez moi comme tout les jours avec un gout amer dans la bouche. Ce soir-là, je m'en rappelle, il était encore plus prononcé que d'habitude. J'en avais assez, asssez de tout: cette société, cette injustice, ce mode de vie, cette terre... Et puis, pendant que je remuais mes sombres pensées, je me suis cognée à lui. Lui, c'est un jeune garçon qui devait avoir plus ou moins mon âge. Il semblait lui aussi perdu dans des pensées qui devaient être aussi sombres que les miennes. POurtant lorsque nous nous sommes cognés, je ne sais pourquoi, mais nous avons éclaté de rire. Je me suis toujours demandé la raison de ce rire. Mais ce n'est pas ce qui m'a le pus marquée. Non, ce que je retiens, ce sont les mots qu'il m'a dits: "Toi aussi tu vois la lueur rouge. Tu es une privilégiée. Peu de gens peuvent la voir ou même l'imaginer"
Comment, mais comment pouvait-il savoir que je voyais la lueur? Je n'en avais parlé à personne. Et lui, un parfait inconnu me croisait dans la rue et me parle de cette lueur?! Je ne savaais que penser.
Il s'est aperçu de mon trouble, m'a pris par la main et m'a emmenée dans le parc. Et là, il m'a tout raconté. Et au fur et à mesure qu'il parlait, l'évidence m'apparaissait dans toute, et bien oui, son évidence. C'était tellement clair que je m'en voulait de ne pas y avoir pensé plus tot. La lueur était juste une lueur d'espoir dans ce monde et seule quelques personnes la voyait encore. Ces personnes pouvaient alors passer les murs que la société avaient dressés et s'approcher un peu plus de la lumière. Et finalement, pour les plus chanceux, entrer dans l'espoir lui-même. Mais cela devenait de plus en plus rare.
Au-début, nombreux étaient les gens qui rentraient dans la lueur. Et puis, petit à petit, les murs de la société devenaient opaques, assombrissant la lueur. ET puis, dans les personnes qui la voyaient encore, peu osaient la traverser ou même s'en approcher. Ils préféraient rester dans leur train-train quotidien, sans heurt et sans changement. Alors, ils retraversaient les murs dans l'autre sens sans jamais se retourner.
quand il eut fini, il se tut et me dévisagea longuement. Moi, je ne savais pas quoi dire. J'avais vu la lumière mais je n'avais pas osé la regarder de plus près. Maintenant, il ne me restait plus que deux solutions: soit je décidais de faire comme si de rien ne s'était passé et je tournerais donc le dos à l'espoir, soit je prenais mon courage à deux mains et je traversais la lueur abandonnant ainsi la vie réglée et ordonnée. Et là, je dût bien me l'avouer. Même si la vie que je menais me semblait futile et vide de sens, je ne voulait pas la quitter pour un endroit inconnu. Je ne voulais pas quitter la routine qui me rassurait.
C'était vraiment surprenant. Je croyais que je haïssais cette vie et maintenant que je pouvait enfin la quitter, je ne voulais pas. J'ai alors regardé le garçon dans les yeux. J'espérais y trouver une aide, un conseil, quelque chose...mais la seule chose que je vis, c'est mon image. Lui aussi m'a regardé. Il a souris, s'est levé et puis s'en est allé, me laissant seule face à mon dilem. Je n'ai plus jamais revu ce garçon.
Depuis ce jour, je me suis rendue compte que même si on déteste quelque chose, on préfère rester avec cette chose plutot que d'aller vers l'inconnu. Je n'ai jamais traversé la lueur, d'ailleurs, je ne la vois plus. Maintenat quand je rentre le soir et que j'ai un gout amer dans la bouche, je repense à cette lueur et je me dis qu'un monde meilleur existe au-delà. Mais moi, je ne le verrai jamais. Je préfère construire mon propre monde d'espoir dans le monde sombre où je vis et essauyer d'en faire profiter le maximum de gens car après tout.... c'est ça l'espoir.
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